Les origines de l’humanité


04 Oct
04Oct

Les origines de l’humanité : l’autre hypothèse par l’historienne Bleuette Diot

L’évolution est un phénomène naturel chez toutes les espèces animales. Une pourtant semble faire exception à la règle : Homo sapiens. L’homme et le singe ont divergé il y a six à sept millions d’années. Tous deux ont évolué séparément à partir d’une souche primate commune. Et pourtant… le singe a quasiment conservé l’apparence qu’il possédait en ces temps reculés, alors que la lignée humaine a changé de façon radicale. À quoi tient cette différence majeure ?

L’homme a des racines communes avec les grands singes africains, rameau dont l’espèce humaine s’est peu à peu différenciée, grâce aux diverses mutations qu’elle connaîtra au fil des millénaires. Du moins, c’est ce que l’on nous enseigne… Mais la réalité est-elle aussi simple ? Pour les paléontologues, notre espèce serait apparue au terme d’un long processus d’évolution. L’hypothèse, soutenue par Yves Coppens, appelée théorie de l’adaptation au milieu ou théorie del’East Side Story explique l’apparition de la lignée humaine en Afrique de l’Est et reste à ce jour la théorie dominante. Dans ses grandes lignes, cette théorie affirme qu’il y a des millions d’années, les plaques continentales se sont écartées, creusant ainsi la faille du Grand Rift. L’événement géologique aurait ainsi isolé deux grands groupes de populations primates, issus d’une souche commune. L’un serait resté à l’Ouest dans la zone humide des forêts, l’autre à l’Est dans la région où s’étendait la savane. Du groupe, vivant à l’Ouest au cœur de la forêt tropicale, se seraient développés les divers rameaux menant aux grands singes anthropoïdes, tels que les gorilles ou les chimpanzés. Leur mode de déplacement arboricole et quadrupède ne leur aurait pas permis d’évoluer vers la bipédie, posture verticale qui fera toute la différence avec notre lignée. Les territoires peu arrosés de l’Est (Tanzanie, Kenya, Éthiopie), sont recouverts de savanes. Les primates du second groupe se seraient redressés au-dessus des hautes herbes pour repérer leurs prédateurs, donnant naissance de la sorte aux premiers hominidés : les Ardipithèques, puis aux Australopithèques, et enfin à nos ancêtres directs, appartenant au genre Homo. Ce climat et cette végétation auraient favorisé la station debout et la marche bipède. En libérant les mains de nos lointains parents, ce nouveau mode de locomotion aurait rendu possible la création d’outils et favorisé l’encéphalisation. Théorie séduisante certes, mais est-elle encore défendable ?

En paléontologie comme dans d’autres domaines archéologiques, beaucoup de théories sont admises une fois pour toutes par le monde universitaire. Pourtant de récentes trouvailles devraient nous forcer à réécrire certains chapitres de l’Histoire de l’homme.

L’un des bonds évolutifs le plus marquant de l’histoire humaine n’est autre que la bipédie, survenue il y a environ 6 à 7 millions d’années. Cette aptitude à marcher debout exclusivement, reste l’un des caractères le plus spécifique du genre Homo. En effet, si les singes anthropomorphes peuvent se déplacer debout, ils n’utilisent ce moyen de locomotion que de manière occasionnelle, contrairement à l’homme qui ne marche qu’à la verticale. Il est intéressant de noter que, de toutes les espèces animales, seule la nôtre peut se targuer d’être exclusivement bipède. En outre, ce changement de posture est responsable de la migration progressive du foramen magnum (ou trou occipital). C’est par cet orifice, situé à la base du crâne, que passent les artères, les racines spinales, les nerfs, l’axis et la moelle épinière. Chez l’être humain le foramen magnum se situe au centre du plancher crânien, et non à l’arrière comme chez les autres mammifères. Or, seule notre espèce possède cette particularité physique.

Ainsi la théorie de l’East Side Story semblait indétrônable. Voilà pourquoi l’annonce, faite le 9 décembre 1998, de la découverte de Little foot, un fossile estimé à 3,67 millions d’années, a produit l’effet d’une bombe dans la communauté scientifique. On venait juste de finir d’analyser le squelette le plus complet jamais retrouvé d’un australopithèque d’Afrique du Sud. Pas encore humain mais plus vraiment singe, l’étude de son squelette permet d’affirmer que Little foot était parfaitement adapté à la vie dans les arbres. En cela rien d’étonnant quand on considère que le fossile a presque 4 millions d’années. Cependant, chose à laquelle personne ne s’attendait, c’est que notre australopithèque présentait déjà les caractéristiques autorisant la station verticale et la marche bipède. Il se tenait debout, alors qu’il ne possédait absolument aucun signe d’adaptation à la vie dans la savane. La conclusion coule de source : nos très lointains parents primates se sont redressés alors qu’ils vivaient encore dans la forêt. Le cas Little foot renverse l’hypothèse qui faisait de l’adaptation au milieu le facteur numéro 1 de l’évolution humaine !

Mais si l’hypothèse de l’East Side Story n’est plus la raison principale du redressement des hominidés, 

quel facteur en est la cause ?

Afin de mieux appréhender la réponse à cette question, il est important de connaître un autre aspect marquant de notre différence, à savoir notre capacité crânienne.

Les Australopithèques qui vivaient sur le continent africain, avant l’apparition du genre Homo, possédaient un volume crânien de l’ordre de 400 à 500 cm³. C’est grosso modo celui des grands singes africains d’aujourd’hui. Des premiers Australopithecus afarensis aux derniers Homo ergaster, l’élargissement du cerveau s’est opéré très lentement (voir le tableau ci-dessous). On note toutefois une augmentation sensible vers -500 000 ans, à l’époque où Homo erectusva domestiquer le feu. Cependant, c’est autour de – 50.000 ans que le volume du crâne connaîtra le plus gros pic de croissance avec les espèces Homo sapiens et Néandertal.

Espèce cm³

Australopithecus afarensis 438

Australopithecus africanus 452

Australopithecus boisei 521

Australopithecus Sediba 530

Homo habilis 612

Homo rudolfensis 752

Homo ergaster 871

Homo erectus 1000

Homo neanderthalensis 1500 à 1700

Homo sapiens 1500 à 1700

Homme actuel   environ 1400 

L’équipe scientifique pluridisciplinaire du Muséum national d'Histoire naturelle, du CNRS et de l’INRIA, a mesuré l’endocrâne[1] de quinze fossiles d’Homo sapiens datant de - 30 000 ans environ pour pouvoir comparer les données obtenues avec celles des endocrânes de nos contemporains. Il s’avère que le cerveau de l’homme moderne est environ 20 % plus petit que celui de ses ancêtres de l’âge de pierre. Non parce que nous régressons comme nous pourrions le croire, mais, au contraire, parce que nous continuons d’évoluer. L’étude confirme que le quotient intellectuel ne dépend pas de la quantité de matière grise mais de la capacité à apprendre, à raisonner, à solutionner et à créer. Or aucun primate n’a jamais développé autant d’aptitudes cognitives qu’Homo sapiens.

Si le Paléolithique a connu une généralisation des dolichocrânes (crânes longs et volumineux), le Néolithique proche-oriental[2], verra soudain un accroissement des brachycrânes, autrement dit des petits crânes ronds, dont sont presque tous dotés les hommes modernes. Nous ignorons toujours les raisons fondamentales de ce changement. Comment expliquer que le volume crânien des hominidés ait toujours connu une courbe croissante, et qu’au début du Néolithique le processus se soit inversé subitement ? Pour les paléontologues, cette mutation trop importante et trop brusque pose problème. Les faits sont là pourtant, mais ils demeurent inexplicables. En effet, le phénomène frise l’absurdité tellement il demeure incompréhensible aux yeux de la communauté scientifique. Car il est hors de question pour les spécialistes d’envisager autre chose qu’une mutation liée au hasard.

Avec la naissance de la sédentarisation, de l’agriculture et de la domestication animale, le Néolithique proche-oriental connaîtra le plus grand bouleversement social de tous les temps. Les historiens parlent d’un « Big-bang du cerveau » pour formuler les progrès fulgurants de l’Humanité à cette période de son histoire. Nous l’avons vu, une réduction de 15 à 20% de la taille du crâne humain s’est opérée au même moment, contraignant le cerveau de l’homme dit « moderne » à s’adapter. Mais de quelle façon s’est-il adapté ?

L’espace restreint d’une boîte crânienne plus petite va obliger les circonvolutions du cortex cérébral à plisser davantage. Ainsi le nombre de ses neurones et le nombre de connexions, qui le parcourent, se sont multipliés. Des sillons plus marqués ont permis aux neurotransmetteurs de traiter plus vite l’information. Autrement dit, les sillons et les replis ont maximalisé nos connexions neuronales. Le phénomène a tout naturellement intensifié nos capacités cognitives. En 2012, une équipe de scientifiques 

américains ont annoncé dans la revue Brain, qu’Albert Einstein possédait, contrairement à l’idée reçue, un cerveau relativement plus petit que la moyenne. En revanche, le physicien présentait dans certaines zones des circonvolutions plus complexes que des cerveaux ordinaires. Preuve supplémentaire que l’intelligence se niche davantage dans les circonvolutions du cortex que dans sa grande taille. Un gros cerveau n’a jamais été le gage d’un intellect supérieur, contrairement à ce que l’on s’imagine trop souvent.

Mais comment expliquer cette brutale modification du crâne humain ? Si, comme je l’explique longuement dans mes ouvrages[3] sur la genèse de l’humanité, des visiteurs extraterrestres ont remodelé notre histoire en intervenant au cœur de nos cellules, la réponse devient soudain plus limpide. Malheureusement, les paléontologues butent sur les évidences qui leur crèvent les yeux ; évidence qu’ils refusent d’envisager tant elles leur paraissent inacceptables. Il existe pourtant des preuves de ce que j’avance dans mes essais. De plus, le Dr en biologie moléculaire Pietro Buffa,

[1] Partie interne du crâne composée d'os enchondraux et de cartilages. Aujourd’hui, nous savons recréer la forme et le volume d’un cerveau à partir de l’endocrâne.

[2] Aux environs de – 12.000 ans.

[3] L’émergence de l’homme ; Les dieux civilisateurs ; À la lumière de la science.

qui m’a fait l’honneur de préfacer mes livres, n’est pas le dernier à soutenir lui aussi l’hypothèse d’une intervention génétique. Ces preuves sont inscrites en nous. Bien évidemment, il est impossible de toutes les mentionner dans cet article, mais j’aimerais aborder dans cet article l’inflexion du sphénoïde, un des os du crâne, et FOXP2, un des gènes spécifiquement humain.

La paléontologue française Anne Dambricourt-Malassé, chercheuse au CNRS, a émis une hypothèse controversée dans les années 80. En examinant la base du crâne de nombreux fossiles, elle réalise que si les os de la face et la mandibule se sont transformés au fil du temps, c’est grâce à l’inflexion de l’os sphénoïdal. Situé au centre du crâne, le sphénoïde, en forme de chauve-souris, est l’os le plus complexe de la boîte crânienne. Le sphénoïde est le premier os du crâne à se former chez l’embryon. Dans les premiers jours de la vie, il est aussi plat chez l’homme que chez les autres mammifères. Ensuite, le cerveau et le système nerveux s’enroulent peu à peu autour de lui et le sphénoïde humain fléchit. Cette particularité anatomique caractérise notre espèce. Chez les ancêtres des grands primates (dont nous faisons partie), la base du crâne était plate. Mais plus on se rapproche d’Homo sapiens, plus cette base se replie sur elle-même. Or plus la base fléchit, plus on s’aperçoit que l’espèce est redressée. En effet, à chaque fois que le sphénoïde s’est recroquevillé au fil du temps, le phénomène a entraîné l’apparition d’une nouvelle espèce de notre grande famille.

Selon Anne Dambricourt-Malassé, le sphénoïde aurait ainsi changé cinq fois de forme au cours de l’histoire de l’évolution humaine, pliant toujours un peu plus et toujours dans le même sens. Le processus d’évolution n’a donc rien de linéaire. Ces sursauts évolutifs contredisent même le phénomène continu darwinien, présenté par les paléontologues comme le seul recevable (du moins en ce qui concerne l’histoire de l’homme). Mais comment expliquer la répétition d’un tel événement à des millions d’années d’intervalle ? Peut-on raisonnablement parler d’accident génétique ? Ce type de mutation est déjà rare, mais imaginer que ce genre d’accident puisse se reproduire cinq fois à l’identique, revient, en terme de probabilité, à espérer gagner cinq fois de suite les six numéros du loto !

À écouter, Anne Dambricourt, le moteur de l’évolution n’était pas à l’extérieur, mais au cœur de nos cellules, comme si une logique interne, une sorte de mémoire avait continué d’agir en nous. Cependant comment ne pas être tenté d’imaginer une autre hypothèse ? Qui a bien pu programmer cette mémoire en nous ? Notre processus évolutif ne pourrait-il résulter d’une ou de plusieurs manipulations successives de notre génome, visant à mener nos ancêtres primates vers l’homme tel qu’il est aujourd’hui ? Une civilisation exogène a-t-elle décidé de changer le cours des choses sur notre planète, en intervenant au cœur de nos cellules ? Grâce à leurs capacités technologiques, ces êtres venus d’ailleurs ont-ils eu le pouvoir d’agir sur l’évolution de notre espèce ? Certains généticiens eux-mêmes sont tentés de le croire…

On le sait à l’heure actuelle, des gènes transmissibles permettent de réguler et de contrôler le développement et la taille de la boîte crânienne. Une expérience en laboratoire sur un petit lézard aquatique du Mexique, appelé axolotl, a permis de démontrer le rôle évident des gènes HOX, les gènes architectes. Grâce à une injection d’hormones stimulant l’action d’un de ses gènes, on a réussi à modifier profondément le plan de développement de l’organisme de l’axolotl. En quelques jours les branchies, situées de part et d’autre de la tête de l’animal aquatique, commencent à rétrécir. Elles rétrécissent encore puis finissent par disparaître. L’axolotl sort alors de l’eau. Il est devenu un animal terrestre équipé de poumons. On le constate, une simple mutation de deux à quatre gènes seulement change la structure complète d’un organisme vivant. Ainsi ce type de mutation pourrait suffire à expliquer la spectaculaire différence morphologique qui nous sépare du singe. L’évolution de l’homme ne s’est pas opérée de façon linéaire, mais par grands paliers qui ne sont nullement liés au hasard.

Nos lointains cousins les Néandertaliens ont disparu il y a environ 33.000 ans, après 120.000 années d’existence. Pourtant nous sommes toujours là. Tentons d’en analyser succinctement les raisons. Plus trapus que les hommes modernes, les Néandertaliens ne différaient guère de nous physiquement. Ils vivaient en petits groupes et chassaient le gros gibier. Leur face, leur nez et leurs sinus étaient plus larges. Ils possédaient, en outre, une arcade sourcilière, que l’on appelle bourrelet sus-orbitaire, très prononcée. Au cours de ses migrations, Homo sapiens était porteur d’innovations que Néandertal a su reproduire. C’est bien la preuve que nos lointains cousins n’étaient pas les brutes épaisses que nous imaginions autrefois.

Aux alentours de – 40.000 ans, les Homo sapiens ont migré par vagues successives du Proche-Orient vers le continent européen où étaient déjà établis les Néandertaliens. Ils se sont donc rencontrés par la force des choses. Mais, contrairement à ce que les paléontologues ont longtemps cru, les deux espèces ne se sont pas toujours affrontées armes au poing. Les fossiles en témoignent : Homo sapiens et Néandertaliens ont cohabité en bons termes, si bien qu’ils n’ont pas tardé à s’unir pour donner naissance à des hybrides, dont nous avons retrouvé assez d’ossements pour conclure à des métissages entre les deux espèces. C’est d’ailleurs pour cette raison que des traces de leurs gènes subsistent toujours dans notre ADN. Pour que de tels mariages aient pu porter leurs fruits, il fallait que Néandertal soit anatomiquement assez proche de nous, sinon aucun croisement n’aurait été possible. Alors pourquoi notre lointain cousin s’est-il éteint et pas nous ?

Cette étape cruciale marque un des tournants décisifs dans l’histoire de l’espèce humaine. Ce changement s’accompagne d’un contexte archéologique, témoin d’une véritable innovation culturelle. Les paléontologues parlent d’une révolution de la pensée humaine ou d’un big-bang du cerveau ! L’homme devient soudain beaucoup plus inventif. La partie frontale du cerveau s’est considérablement développée. Or c’est la partie où siègent les pensées abstraites, la faculté d’imaginer et de rester concentré plus longtemps. Homo sapiens sait désormais interpréter son passé et envisager son avenir. Par ailleurs, notre espèce sera la seule à s’adapter à tous les climats et à pouvoir coloniser les lieux les plus inhospitaliers de la planète. Or - 40.000 ans c’est la période à laquelle Homo sapiens arrive du Proche-Orient pour peupler le continent européen. Au cours de ses diverses migrations, il véhiculera les toutes premières innovations humaines, mais aussi des concepts entièrement nouveaux comme l’art figuratif et la musique, qui sont les caractéristiques évidentes d’un esprit créatif sans égal. Sans égal car même leurs plus proches contemporains les hommes de Néandertal ont toujours ignoré l’art, le figuratif et le symbolisme, qui, en exprimant une idée abstraite, demande un niveau supérieur de conscience, niveau que nos lointains cousins n’ont jamais possédé.

Non seulement, ils n’ont jamais développé ces aptitudes, mais ils n’ont jamais réussi à établir les réseaux sociaux qui se révéleront déterminants pour la survie de l’espèce. Les Néandertaliens vivaient en groupes restreints et n’éprouvaient nullement le besoin d’échanger entre clans, comme l’a fait Homo sapiens. Ces prédispositions sociales ont généré l’incroyable essor d’Homo sapiens, qui se multipliera bien plus rapidement et finira par conquérir la planète. En minorité, les Néandertaliens, moins féconds et moins enclins à s’adapter, s’éteindront progressivement, assimilés par notre espèce.

Ceci étant, interrogeons-nous : quelle faculté singulière possédons-nous qui ait pu engendrer un bouleversement aussi profond ? Quelle aptitude a fait d’Homo sapiens un être aussi sociable ? si ce n’est… le langage. Une équipe du CNRS de Bordeaux et du Max-Planck Institute de Leipzig a réalisé une étude publiée dans la revue Nature en 2004, affirmant que la croissance cérébrale d’Homo erectus était plus proche du chimpanzé que de l’homme moderne. Toutes les données indiquent que l’homme de Néandertal (pourtant contemporain d’Homo sapiens) parvenait à l’âge adulte bien plus rapidement qu’Homo sapiens. Des études plus récentes, menées dans le cadre du programme interdisciplinaire Origines de l’Homme, du Langage et des Langues du CNRS, révèlent qu’une mutation génétique de plusieurs gènes dominants a joué un rôle majeur dans le développement cérébral et en particulier dans celui du langage, notamment HAR1F. Le langage articulé est un caractère fondamental dans le processus d’hominisation. Certes, le repli du sphénoïde, en entraînant la descente du larynx, a permis l’acquisition du langage articulé. Mais cela seul ne suffit pas à expliquerl’apparition de la parole chez l’être humain. Ce mystère n’a cessé de fasciner les scientifiques. Mais en 2012, la découverte du gène FOXP2, associé à l’intelligence et à l’expression orale, a enfin permis d’élucider l’énigme.

Des expériences en laboratoire ont démontré que le gène FOXP2 affecte la capacité à communiquer de façon significative. Des changements ayant trait au langage, apparaissent chez les souris génétiquement modifiées. Les souriceaux correspondent avec leur mère en émettant des ultra-sons. Visualisées sur des audiogrammes, les vocalisations ultrasoniques des souris humanisées deviennent plus graves que celles des souris ordinaires et leurs fréquences sont plus longues. Les connexions neuronales sont devenues plus denses et plus complexes. Le gène a donc un impact direct sur la structure du cerveau. Le gène FOXP2 existe chez tous les mammifères. Il était déjà présent chez Néandertal, mais des études ont démontré qu’une mutation récente du gène FOXP2 chez l’homme moderne a eu des répercussions sur de nombreux autres gènes, notamment au niveau des cellules cérébrales. Ce bouleversement différencie l’être humain de son plus proche cousin, malgré sa proximité génétique. En jouant un rôle prépondérant dans le développement accru des cellules nerveuses et cérébrales, FOXP2 a rendu Homo sapiens unique dans tout le règne animal. Une séquence ADN se compose d’une série de bases chimiques, les nucléotides figurés par quatre lettres : ATGC qui se répètent, se mélangent et s’assemblent pour former la très longue chaîne, qui va définir toutes les caractéristiques d’un individu. L’ADN humain compte ainsi près de 3 milliards de combinaisons de ces quatre lettres ! La lettre A (l’adénine) est inscrite chez toutes les espèces animales y compris les néandertaliens. Pourtant, chez les humains modernes ce A s’est mystérieusement transformé en T (thymine).

Cette lettre A est présente depuis l’origine des espèces. Pourquoi s’est-elle brutalement changée en T chez Homo sapiens et uniquement chez Homo sapiens ? Ce phénomène a eu un impact majeur sur le fonctionnement du gène FOXP2. Le recodage d’une seule lettre dans la séquence ADN a déclenché l’émergence de notre intelligence et améliorer notre capacité à communiquer. Or les études le prouvent, ce gigantesque bond dans notre évolution a eu lieu il y a environ 40 000 ans. Mais pour quelle raison ce gène est-il apparu chez Homo sapiens et non chez son contemporain l’homme de Néandertal ? Faut-il y voir la preuve que l’homme est un OGM ? autrement dit le résultat d’une création artificielle ?

À l’inverse de ce qui est affirmé dans la Bible, les textes sumériens ne laissent jamais entendre que le dieu Enki aurait créé l’homme à partir de rien. Les tablettes cunéiformes assurent au contraire qu’une méticuleuse opération visait à : apposer l’image des dieux sur la créature primitive. Selon le principe sumérien, l’espèce humaine aurait été élaborée à partir d’un savant mélange de sang ou, plus précisément, de quelque chose d’imperceptible, mais d’infiniment précieux contenu dans le sang. Les Sumériens nommaient ce mystérieux élément : TE.E.MA, terme que les experts traduisent souvent, faute de mieux, par « personnalité ». Cependant le mot contient un sens plus profond, plus ancien aussi, que l’on peut traduire par : élément qui abrite la mémoire ou qui retient la mémoire. On songe bien sûr à l’ADN, l’essence même de chaque individu. Est-ce cet élément fondamental, présent dans le sang bien qu’invisible à l’œil nu, qui aurait été symbolisé en Mésopotamie par la double spirale de deux serpents enlacés, et dont le peuple grec a perpétué le souvenir sous la forme d’un caducée ? Caducée qui, de nos jours encore, reste le symbole de la médecine ! Ce n’est certes pas une preuve en soi, mais on ne peut nier l’étonnante similitude de forme entre les deux serpents enroulés du caducée et la double hélice de la chaîne d’ADN.     

Doit-on voir une explication logique dans cette analogie ? Le symbole universel du Serpent est-il resté sacré dans l’inconscient collectif pour être l’antique représentation de l’ADN et, par voie de conséquence, du croisement génétique entre les dieux et les hommes ? J’en suis intimement convaincue, voilà pourquoi je m’évertue à le démontrer à travers chacun de mes ouvrages.

Article © Bleuette Diot

https://www.luxcoeditions.com/store/la-genesi-dell-umanità?c=hs-5d868c7cd2f42


Biographie : 

Historienne, essayiste, romancière et conférencière, Bleuette Diot est avant tout une chercheuse indépendante. Elle est l’auteure de plusieurs ouvrages, notamment une trilogie épique, teintée de fantastique, intitulée Sumerian Codex et un essai en trois volets sur les origines de l’homme, intitulé La genèse de l’humanité dont le dernier opus À la lumière de la science vient de sortir chez Lux-co éditions. Trouvailles archéologiques récentes et textes anciens à l’appui, la chercheuse mène une enquête pluridisciplinaire. Elle s’interroge ici sur les secrets de notre ADN. Férue de génétique, Bleuette Diot confronte ses travaux avec ceux de Pietro Buffa, docteur en biologie moléculaire, pour pouvoir étayer ses thèses anticonformistes sur la modification du génome humain à l’aube des âges. L’historienne nous entraîne ainsi loin des sentiers battus, à la découverte des origines cachées de l’humanité.


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